Article provisoire reprenant le contenu des panneaux réalisés en 2009, par Gilles Laisné, membre du G.R.A.C., sous le contrôle de François Delahaye, I.N.R.A.P. et de Dominique Cliquet, Conservateur du Patrimoine, D.R.A.C. Service Régional de l'Archéologie de Basse-Normandie.
La cuve baptismale.
Le baptistère de Port-Bail :
pérennité d'un lieu de culte
La christianisation
La christianisation des campagnes de la future Normandie est tardive. Elle se généralise au VIe siècle.
Dans l’église ancienne, seuls les évêques baptisent dans leurs cathédrales, le jour de Pâques. La multiplication des baptêmes amène à installer des baptistères ruraux. L’ importance à cette époque de Port-Bail, sa position géographique dans le diocèse de Coutances, ville de l’évêque, expliquent la présence de ce baptistère. Le clergé local reçoit le droit de baptiser.
L’ implantation de ce baptistère sur ce lieu peut s’expliquer par la présence d’un temple païen de tradition celtique : un fanum.
Exemple schématique de fanum.
Au VIe siècle, le fanum est remplacé par une église et son baptistère.
Proposition de restitution.
D'après François Delahaye, I.N.R.A.P. ( 1999
).
Le Baptistère est détruit après l’abandon du baptême par immersion, au VIIe ou VIIIe siècle.
L’église devient chapelle funéraire ( la chapelle Saint-Michel ), autour se développe un cimetière.
La chapelle est détruite après 1697. Le cimetière est définitivement fermé en 1910.
En 1956, des travaux de terrassement mettent au jour ces vestiges. Le baptistère est classé au titre des monuments historiques en 1958.
En 1999, les vestiges du fanum et d’un atelier de fonte de cloche sont découverts.
Le baptistère de Port-Bail : la gestion de l'eau
Durant l’Antiquité et au début du Haut Moyen Age, on baptise à l’âge adulte. L’initiation chrétienne du néophyte, le catéchumène, comporte le don de l’esprit, la sainte communion et l’immersion dans la cuve baptismale. Il est recommandé d’employer de l’eau vive.
Un ingénieux système fournit une eau frémissante dans la cuve.
L'adduction d'eau
A l’extérieur du bâtiment, la canalisation est constituée de tuiles à rebord, les tegulae, scellées au mortier. La canalisation est couverte de dalles de pierre. A l’intérieur du bâtiment, un tuyau de plomb débouche au centre de la piscine.
La canalisation d'adduction d'eau.
Au centre de l'image, la trace du tuyau de plomb disparu.
L'évacuation d'eau
Un vase d’expansion assure un niveau constant d’eau, d’environ 45cm.
Détail du tuyau d'évacuation d'eau.
Le vase d'expansion, remarquer le tuyau de plomb au centre de l'image.
La canalisation d’évacuation est entièrement constituée de tegulae scellées au mortier. Le sol et la piscine sont recouverts de dalles de schiste. Les murs sont enduits d’un mortier blanc-rose.
La canalisation d'évacuation d'eau qui passe sous la marche palière.
Mortier blanc-rose.
Le bâtiment et la piscine concentriques présentent un plan hexagonal. L’entrée est encadrée de deux absidioles. L' aspect général du bâtiment en élévation est ignoré.
Absidiole sud.
Traces de dalles sur le mortier au sol.
Absidiole nord.
Vue d'ensemble.
Le bâtiment de protection date de
1978.
Brigitte Boissavit-Camus ( UMR ArScan-THEMAM ).
Adduction et évacuation de l'eau dans les baptistères paléochrétiens de Gaule.
__________________________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________________________________
La chapelle Saint-Louis de Carteret
_______________________________________________________________
Les bulletins du G.R.A.C. sont téléchargeables
sur le site web du manoir du Tourp.
__________________________________________________________________________________________
Le blog du Pays d'Art et d'Histoire du Clos du Cotentin
______________________________________________________________________________________
Les conférences à écouter
___________________________________________________________________________________________
en ligne gratuitement